| Vous
ou votre société venez de faire l'objet d'un jugement déclaratif
de faillite.
Voici
quelques renseignements sur les effets de la faillite, sur les droits
et obligations du failli, sur le déroulement de la procédure de
faillite et sur les missions confiées par la loi au curateur et
au juge-commissaire.
Ces
renseignements n'ont pas pour objet de vous donner quelque conseil
que ce soit mais uniquement de mieux vous faire comprendre la situation
nouvelle créée par le jugement de faillite, le rôle du curateur
et du juge-commissaire, vos droits et devoirs.
Vous
trouverez ci-après la réponse aux questions suivantes:
Quels
sont les recours contre le jugement déclaratif de faillite ?
Si
la faillite a été prononcée par défaut, c'est à dire en votre absence,
vous pouvez faire opposition au jugement. Le délai est de
15 jours à dater de la signification du jugement par huissier. C’est
le tribunal qui a prononcé la décision qui examinera votre recours.
Si
le jugement a été prononcé alors que vous étiez présent ou représenté
à l'audience par un avocat, et que vous n'êtes pas d'accord avec
la décision, vous pouvez interjeter appel. Le délai est
de quinze jours à compter de la signification du jugement par huissier.
Votre recours sera examiné par la Cour d’Appel. C’est la Cour d’appel
de Mons qui est compétente pour apprécier les décisions du Tribunal
de commerce de Charleroi.
Vous
pouvez vous faire assister d'un avocat et avez intérêt à le faire
d'urgence si vous désirez introduire un recours contre le jugement
déclaratif. La liste des avocats du barreau de Charleroi peut être
consultée
ici.
Si
vous vous trouvez en difficultés financières, vous pouvez consulter
un avocat dans le cadre du Bureau
d’aide juridique.
Quels
sont les principaux effets de la faillite sur votre personne et
vos biens ?
La
faillite a pour effet de vous dessaisir de vos biens: vous ne pouvez
plus ni en disposer, ni les administrer.
Vous
conservez cependant le droit de garder les meubles indispensables
à votre vie familiale c'est-à-dire les biens insaisissables, par
exemple le coucher nécessaire du failli et de sa famille, les vêtements
et le linge indispensables à leur propre usage, ainsi que les meubles
nécessaires pour les ranger, une machine à laver le linge, etc.
Vous gardez également l'exercice de vos droits personnels (droit
de mariage, d'intenter une action en dommage moral, etc...) et d'exercer
une nouvelle activité mais si celle-ci s'avère prospère, la partie
des bénéfices non nécessaire au fonctionnement de cette activité,
à votre subsistance et à celle de votre famille pourra revenir à
la faillite. Vous conservez également le montant insaisissable de
vos revenus, soit (montants en vigueur au 1.1.2010):
| Tranche
du revenu mensuel net en € |
Montant
saisissable en € |
| 0
à 978 € |
0
€ |
| 978,01
à 1050 € |
20
% |
| 1050,01
à 1159 € |
30
% - |
| 1159,01
à 1268 € |
40
% |
| Plus
de 1268 € |
tout |
Il
y a lieu de majorer ces montants du 60€ par enfant à
charge.
Votre
correspondance sera normalement remise par la Poste au curateur.
Vous pouvez, si vous le souhaitez, demander à assister à l'ouverture
de celle-ci. Le curateur vous remettra la correspondance à caractère
privé.
A
dater du procès-verbal de vérification des créances, si vous exerciez
en personne physique, vous pouvez demander au juge-commissaire,
qui en décidera, que le courrier vous soit remis directement.
Vous
êtes tenu de vous rendre à toute convocation du juge-commissaire
et du curateur. Cette obligation
est assortie de sanctions pénales. Il est donc de votre intérêt
d'avertir le curateur si vous changez de résidence. Celui-ci peut
par ailleurs vous demander de faciliter ou d'éclairer sa gestion,
le cas échéant à des conditions fixées par le juge-commissaire si
cette aide dépasse les limites de la coopération normale et nécessaire.
Si
vous n'avez plus de ressources pour vous et votre famille, vous
pouvez demander secours à vos proches parents: enfants ou ascendants.
Vous
pouvez également demander secours à la faillite, si celle-ci dispose
de fonds suffisants. Dans ce cas, parlez-en au curateur qui peut,
tout comme vous, introduire la procédure devant le Tribunal. Celui-ci
apprécie l'opportunité de l'octroi d'un secours et de son montant.
Vous pouvez également vous adresser au CPAS de votre commune. haut
de la page
Quels
sont les acteurs de la faillite ?
La
faillite est gérée par le curateur sous la surveillance du juge-commissaire
et sous le contrôle du Tribunal de Commerce.
Le
curateur est un avocat désigné par le tribunal parmi les membres
d’une liste approuvée par l’assemblée générale du Tribunal de
Commerce. Il administre les biens de la faillite, réalise les actifs,
vérifie le passif et paie les créanciers en respectant l'ordre de
leurs droits éventuels de préférence.
Le
juge-commissaire est un magistrat généralement
choisi parmi les juges
consulaires, membre du tribunal de commerce. Il surveille l'administration
de la faillite par le curateur, c'est-à-dire qu'il vérifie si les
opérations de liquidation se déroulent correctement et dans des
délais raisonnables. Il donne au curateur certaines autorisations
comme notamment celle de vendre un immeuble en vente publique.
Le
Tribunal de Commerce contrôle les opérations de la faillite.
Il rend notamment les jugements d'autorisation de poursuite des
activités, d'autorisation de vente de certains actifs, fixe les créances contestées, taxe les honoraires du curateur,
approuve les comptes, prononce la clôture la faillite et statue
sur l'excusabilité du failli.
Il
est impossible de donner ici un aperçu de l'ensemble des devoirs
accomplis par le curateur et le juge-commissaire au cours de la
faillite. haut de la page
Quelles
sont les principales étapes du déroulement de la faillite susceptibles
de vous concerner :
Une
fois nommés par le jugement déclaratif de la faillite, le curateur
et si possible le juge-commissaire vous rencontreront.
Le
curateur établira l'inventaire des biens avec vous qui sera, éventuellement
par coups de sonde, contrôlé par le Juge-commissaire. Il examinera
vos livres comptables et les clôturera.
Il
prendra les mesures conservatoires nécessaires, comme par exemple:
mettre les biens en lieu sûr et les assurer ou vous en laisser la
garde, examiner les contrats en cours et résilier ceux qui n'ont
plus d'intérêt (contrats de travail, baux, abonnement au téléphone,
à l'électricité), reprendre les actions en justice, pratiquer les
saisies nécessaires, prendre une hypothèque légale sur les biens
immeubles au nom de la masse des créanciers.
Il
examinera avec vous l'intérêt de poursuivre provisoirement les activités.
Sur demande et si les conditions s'y prêtent, le tribunal peut effectivement
décider que les activités seront poursuivies par le curateur sous
le contrôle du juge-commissaire dans certains cas particuliers tels
par exemple lorsque le jugement de faillite a fait l'objet d'un
recours, quand certaines commandes pourraient être achevées utilement
ou lorsque le maintien des activités permettrait de conserver la
clientèle et de mieux réaliser les actifs.
Dans
le même temps, le curateur vous convoquera pour vérifier avec vous
les créances qui auront été déposées au greffe. Vous serez ensuite
invité, sans y être tenu, à assister à la séance de clôture de cette
vérification qui a lieu au tribunal devant le juge-commissaire.
Les créances sont admises ou contestées et un procès-verbal est
établi. Les créances contestées sont renvoyées au tribunal qui tranchera
ultérieurement.
Le
curateur est chargé de réaliser les éléments qui composent l’actif
de la faillite.
Les
meubles périssables ou se dépréciant rapidement peuvent être vendus
immédiatement par le curateur avec l'autorisation du juge-commissaire.
Les
autres meubles ne peuvent être vendus que sur autorisation du tribunal,
après que vous ayez été entendu
ou appelé.
Pour
les immeubles, c'est le juge-commissaire qui autorise leur mise
en vente publique. Mais le curateur peut rechercher des amateurs
de gré à gré et s'il en trouve, demander au tribunal, sur avis conforme
du juge-commissaire, l'autorisation de vendre de gré à gré. En pareil
cas, le greffe du tribunal vous convoque à l'audience pour que vous
puissiez, si vous le souhaitez, y donner votre avis.
Il
vous est rappelé que votre collaboration peut être très précieuse
pour le curateur au sujet de la réalisation des actifs : pour
les réalisations de stocks, personne, en principe, n'est mieux placé
que vous pour indiquer au curateur les amateurs susceptibles d'être
intéressés. Concernant les récupérations des créances sur clients,
sans votre aide, le curateur ne récupérera que difficilement les
créances litigieuses: vos dossiers et vos renseignements lui seront
précieux. Enfin, pour les réalisations d'immeubles, rien ne vous
empêche d'indiquer au curateur et au notaire chargé de la vente,
le nom d'amateurs éventuels. haut
de la page
Quel
est le sort réservé aux sommes provenant des réalisations d'actifs ?
Toutes
les sommes sont déposées sur un compte individualisé ouvert auprès
d'une banque (pour les montants nécessaires à la gestion de la faillite)
ou de la
Caisse des dépôts et consignations (pour le solde récupéré),
au nom de la faillite, dont les intérêts profitent aux créanciers.
Le
curateur prélève les frais d'administration de la faillite. Il paie
les créanciers privilégiés en tout ou partie après autorisation
du juge-commissaIre.
Les
frais et honoraires du curateur sont taxés par le tribunal sur base
de barèmes établis par un Arrêté Royal.
Des
honoraires extraordinaires peuvent être alloués dans certains cas
restreints, notamment en cas de poursuite d'activités.
En
cours de faillite, le curateur peut demander la taxation de provisions.
haut de la page
Comment
se clôture la faillite ?
Si
la faillite n'a pas d'actif ou si l'actif est insuffisant pour couvrir
les frais d'administration, le curateur peut en demander clôture
sans faire tenir une assemblée de reddition des comptes.
Sinon,
lorsque la faillite peut être clôturée, le curateur établit un projet
de reddition des comptes qui comprend le produit des différents
actifs réalisés, ses dépenses, frais et honoraires et la répartition
des sommes entre les différents créanciers.
Vous
et les créanciers serez convoqués à la séance de reddition des comptes
au cours de laquelle le juge-commissaire examinera le projet de
reddition de comptes et l'approuvera.
Lorsque
la reddition des comptes est approuvée, le tribunal prononce la
clôture de la faillite.
Celle-ci
a pour effet de décharger le juge-commissaire et le curateur de
leurs fonctions et de remettre le failli à la tête de ses affaires.
haut de la page
Quels
sont les effets de la clôture et qu’est-ce que l’excusabilité ?
Les
créanciers impayés en tout ou en partie ont le droit de demander
au failli de leur régler leur créance restée en souffrance et de
reprendre des mesures d'exécution forcée.
Cependant,
lors du jugement de clôture de faillite, le tribunal examine s'il
y a lieu de déclarer le failli (uniquement la personne physique)
excusable. Un failli excusable ne peut plus être poursuivi par ses
créanciers.
L'excusabilité
est accordée au failli malheureux et de bonne foi, sauf circonstances graves spécialement motivées
Elle
a pour conséquence d'effacer le passif non apuré à la clôture de
la faillite. Depuis des lois des 4 septembre 2002 et 20 juillet
2005, celui qui se porte sûreté personnelle pour une
personne qui est déclarée en faillite dispose d’une
issue de secours.
S’il s’agit de l’époux,
celui-ci peut profiter de l’excusabilité du failli.
En effet, l’article 82 al. 2 de la loi sur les faillites précise
que le conjoint du failli qui est personnellement obligé
à la dette de son époux est libéré de
cette obligation par l'effet de l'excusabilité.
S’il s’agit d’un tiers, ou s’il s’agit
de l’époux qui doute de ce que le tribunal excuse son
conjoint, il peut demander la décharge en établissant
que son engagement de sûreté personnelle est disproportionné
à ses revenus et à son patrimoine.
Les
créanciers peuvent manifester leur opposition. La décision d'excuser
ou non le failli est discutée lors de l'audience fixée pour la clôture
de la faillite. Il est donc de votre intérêt de répondre à cette
convocation et d'y exposer vos arguments.
Pour
prendre sa décision, le tribunal prendra l'avis du juge-commissaire
et du curateur et du failli lui-même.
Le
failli qui aura acquitté l'intégralité de son passif peut obtenir
sa réhabilitation par une requête, signée par un avocat, présentée
à la Cour d'Appel.
Afin
de permettre au juge-commissaire de se tenir au courant de l'évolution
de la faillite, le curateur lui adresse un rapport au terme de la
première année qui suit la déclaration de faillite, puis les années
suivantes des rapports annuels, qui font le point sur la situation
comptable de la faillite et son état d'avancement. un exemplaire
de ces rapports est déposé au dossier de la procédure qui peut être
consulté au greffe du tribunal.
Il
convient de signaler que dans les deux mois de la faillite, le curateur
transmets à Monsieur le Procureur du Roi un mémoire sur base duquel
le Parquet peut poursuivre le failli devant le tribunal correctionnel
si des infractions sont constatées.
Par
exemple est punissable pénalement
le fait d'avoir sciemment omis de fournir les renseignements exacts
quant à l'état du passif et des actifs dans l'énumération et l'évaluation
des biens mobiliers et immobiliers.
Est
punissable de la même façon le fait d'avoir détourné ou dissimulé
une partie de l'actif.
Le
curateur peut intenter devant le Tribunal de Commerce une action
tendant à obtenir que les gérants ou administrateurs (et dans certains
cas les fondateurs) de sociétés faillies supportent tout ou partie
du passif de la société.
Le
curateur est spécialisé en matière de faillites et vous pouvez vous
adresser à lui pour d'autres précisions, sans que son rôle puisse
cependant être confondu avec celui d'un conseil. A cet effet, vous
pouvez évidemment consulter l'avocat de votre choix. haut
de la page
Qu'est-ce
que l'assurance sociale en faveur des faillis ?
Cette assurance est régie par l’AR
du 18 novembre 1996 instaurant une assurance sociale en faveur
des travailleurs indépendants en cas de faillite et des personnes
assimilées et par l’arrêté royal du 6 juillet 1997. Elle est entrée
en vigueur le 1er juillet 1997.
Cette assurance sociale est applicable
aux travailleurs indépendants faillis, ainsi qu’aux gérants, administrateurs
et associés actifs d’une société commerciale déclarée en faillite.
Les indépendants faillis ne peuvent qu’une seule fois au cours de
leur carrière professionnelle: - obtenir, pendant deux mois au maximum,
une prestation mensuelle de 30.000 francs ou 25.000 francs selon
qu’ils ont ou non au moins une personne à charge; - ouvrir gratuitement
des droits en matière d’assurance obligatoire soins de santé et
en matière de prestations familiales pendant quatre trimestres au
maximum.
Les bénéficiaires doivent avoir
leur résidence principale en Belgique, doivent prouver leur assujettissement
au statut social des travailleurs indépendants pendant les quatre
trimestres qui précèdent, selon le cas, le premier jour du trimestre
suivant celui du jugement déclaratif de faillite ou celui du jugement
de résolution du concordat après faillite et doivent avoir été redevables
des cotisations dues par un travailleur indépendant à titre principal.
Ils ne peuvent pas exercer d’activité professionnelle ou se trouver
dans une situation leur permettant de sauvegarder des droits à une
pension de retraite.
En outre, ils ne peuvent pas bénéficier
de droits à des prestations dans un régime obligatoire de pension,
d’allocations familiales et d’assurance contre la maladie et l’invalidité,
secteur soins de santé, au moins égales à celles du statut social
des travailleurs indépendants, du chef de l’activité ou d’une ancienne
activité du conjoint.
La demande doit être introduite
auprès de la Caisse d’assurances sociales à laquelle la personne
qui souhaite bénéficier de cette assurance sociale était affiliée
en dernier lieu, soit par lettre recommandée à la poste, soit par
le dépôt d’une requête sur place (sous peine de forclusion, avant
la fin du trimestre qui suit celui au cours duquel le jugement déclaratif
de faillite ou de résolution du concordat après faillite a été prononcé).
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